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  • : Adriana Evangelizt Poete Rebelle Mystique Libre-Penseuse
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  • : poesie
  • : Le Poète -le vrai- porte la croix du monde dans son coeur. Il y trempe sa plume et écrit dans son sang le malheur des hommes et leur espoir. Dénoncer, accuser, se battre pour la Liberté, tel est son destin.
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Lundi 11 septembre 2006

Ce texte fait suite à La Guerrière...

L'épée au service des pauvres

La guerrière. C'est ainsi qu'ils m'appellent ici, là où je vis... entre autre nom d'oiseaux. Parce que pour accomplir certains "bonnes actions", il convient d'avoir l'esprit combattif. D'oser. De s'immiscer dans une scène particulière où l'on ne tient plus le rôle du spectateur mais celui de l'acteur. Le monde est rempli de spectateurs sourds et aveugles. Ce qui me met particulièrement en colère. La connerie humaine, je n'ai jamais pu la supporter même s'il faut malheureusement vivre avec et la cotoyer à longueur d'années. J'avoue que cela m'est de moins en moins supportable. L'Humanité me déçoit. Terriblement. Le regard que je pose sur les humains est dénué d'aménité. Que cela soit les lâches, les hypocrites, les orgueilleux, les arrogants, les profiteurs, les égoïstes, les menteurs, les malfaisants, les intéressés, les opportunistes, les sans scrupules... la liste n'est pas exhaustive. De la base jusqu'au sommet, je vomis ces gens-là. Tous, sans exception. Le manque de courage, l'absence de valeurs caractéristiques de la quasi totalité de la population mondiale -tant des moutons que des élites- fait que notre planète est au bord de l'asphyxie et du chaos. Des irresponsables dangereux. Que l'on ait confié les rênes de notre planète à ces individus prouve bien la déliquescence tant de la conscience humaine que du sens de l'honneur. Ils n'en ont aucun. Ils sont méprisables et je les méprise. Nulle compassion et nulle pitié. Ce n'est pas en ayant pitié des gens que tu les aides à évoluer. Non. Il faut leur montrer l'exemple, leur dire qu'ils sont méprisables et qu'ils ne méritent nulle considération tant qu'ils persévèrent dans cette voie. C'est ainsi que je vois la chose.

Ainsi ce matin, je faisais mes courses dans un magasin où il y avait une dégustation de fromage. Juste en face du stand du boucher qui se prénomme Robert et qui est un con fini. Au moment où j'arrive à proximité, je l'entends qui vocifère et me prenant à témoin gueule  :

-Ca fait quatre fois qu'il passe pour bouffer du fromage !

-Qui ça ? je lui demande...

-Ce zonard là !

Et il me montre un jeune avec un jean tout troué en train de mettre un morceau de gruyère dans sa bouche...

-Et alors ? Où est le problème ? ai-je dit calmement et sans sourire... le Robert m'a regardé avec un oeil torve. Il est à toi le fromage ? Tu le payes ?

-Non. Mais...

-Alors qu'est-ce que ça peut te foutre que ce jeune homme mange du fromage ? Est-ce que ça t'appauvrit ? Est-ce qu'il te vole quelque chose à toi ? Mais qu'est-ce que c'est que cette mentalité de merde ?

Et là, je me suis avancée vers le garçon, je lui ai tendu une assiette en disant "Mange ma part. Car c'est bien du fromage que l'on peut déguster, n'est-ce pas Robert ?"  Vous auriez vu la gueule du boucher, ça valait le coup d'oeil. j'en ai profité pour tendre une autre assiette aux personnes qui venaient de rejoindre le stand. Il y en a même une qui s'est exclamée : "Mais enfin, oui, Robert, qu'est-ce que ça peut te faire que ce jeune mange du fromage, s'il a faim ?"

-C'est pas pour moi que je fais le gendarme ! a-t-il eu le culot d'ajouter.

Alors là, je me suis avancée vers lui comme Clint Eastwood dans le Bon, la Brute et le Truand... un frigo rempli de viande sous cellophane nous séparait...

-T'es boucher ou t'es flic ?

Il a ouvert la bouche comme une carpe qui manque d'air...

-Mais enfin, nom de dieu ! Je fais ce qu'on me demande !

-Qui te le demande ?

-Les patrons.

-Donc les patrons te payent aussi pour faire le mouchard. Ou est-ce compris dans le salaire du boucher ? Il me semble que le mouchardage sort de tes attributions. Ou tu t'occupes de la barbaque ou tu deviens flic. Il faut choisir. Je vais te dire, Robert... toi à l'époque de Vichy, tu aurais fait un bon collabo. La délation, c'est ton truc.

-OHHHHHHH......

-Oui, mon gars. Tu fais partie de ces individus sinistres qui n'en ont rien à foutre de la misère humaine. Absolument rien. Que les gens crèvent de faim, ce n'est pas ton problème.

-Ils ont qu'à travailler ! a-t-il gueulé à s'en écorcher la voix...

-Ah parce que tu juges aussi de qui doit travailler ou pas, toi ? On te connait Robert, ici, on te connait. On sait comment tu surveilles les voleurs et comment tu les coinces dans l'arrière boutique pour les frapper avant que les flics arrivent. Il y a même une de mes connaissances qui t'a envoyé un jour un coup en pleine poire et t'as eu l'oeil au beurre noir pendant huit jours. Et pendant huit jours, on s'est tous relayés pour voir de visu ta tronche marquée par la chevalière de Jimmy Granitas.

-Cette fripouille !

-La fripouille, c'est toi Robert ! Tu n'arrives pas à la cheville de Jimmy Granitas. Toi, si demain on se trouvait en pleine guerre et qu'il n'y aurait plus rien à bouffer, tu serais incapable d'être suffisamment débrouillard pour nourrir ta famille. Tu préfèrerais collaborer avec l'occupant, jugeant sans doute que c'est plus noble. Maréchal, nous voilà ! Je parie que tu votes Le Pen ou Sarkozy ! Suivons la loi à la lettre et cassons du pauvre !

-Bon maintenant y'en a marre ! Si ça continue j'appelle les patrons !

-Et bien appelles les ! Vas-y. Fais toi plaisir. Grosse balance !

-Oh bien sûr, a-t-il bredouillé... on sait bien que tu es du côté des voleurs.

-Les voleurs ont plus de courage que toi. J'en sais quelque chose, je l'ai  moi-même été dans mon jeune temps. T'as du bol que j'ai raccroché sinon je viderai ton magasin et t'y verrais que du feu ! Maintenant, je suis visiteuse de prison. Et oui, je m'occupe des voleurs. Car je sais pourquoi on le devient. Quand t'as pas de boulot, pas d'oseille pour bouffer, y'a pas trente six solutions. Ou tu crèves de faim ou tu voles. Ceci dit, le jeune homme là n'a rien volé. Et pourtant tu fais comme s'il t'avait pris ton casse-croûte. T'as une mentalité de minable. Comme le trois-quart des gens vivant sur cette planète. On n'essaie pas de comprendre, on juge, on condamne. Et surtout on fait chier le monde. Il est vrai qu'il est plus facile de s'en prendre à quelqu'un qui vit dans la misère plutôt qu'aux richards qui le deviennent en exploitant des pauvres types sans cervelle comme toi ! Est-ce que tu as une prime à la délation ? Et quand tu emportes des bouts de bidoche chez toi ou que tu en fais profiter certains de tes amis, est-ce que les patrons le savent ?

Là, je l'ai vu virer au vert...

-Ca va pas non ? s'est-il égosillé la voix rauque...

-Fais gaffe Robert... ici tout se sait. Je connais beaucoup de monde. Et avant hier j'ai mangé une entrecôte chez un ami d'un ami qui paye pas la viande cher grâce à toi. Qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce que je préviens tes boss ? Dois-je leur dire "vous employez un voleur qui se nomme Robert V. ? Vous lui dites de surveiller les voleurs mais en fait, le délinquant c'est lui ? Est-ce que tu crèves de faim Robert ? Ta femme travaille à la mairie, vous n'avez pas d'enfants à charge et malgré tout, il faut encore que tu rognes et que tu cloues au pilori un jeune qui mange du fromage de dégustation. J'ai tourné la tête vers le "dégusteur". Il y avait un sourire sur ses lèvres.

-Merci Madame, m'at-il dit.

-Ne me remercie pas. On va demander à ce cher Robert de te couper une belle tranche de rumsteack... puis me tournant vers le boucher... en comptant bien sûr sur ton "bon coeur" pour me faire une petite ristourne. Ce sera le prix... de mon silence. Je suppose que tu tiens à garder ta place ?

Le Robert m'a regardé, sidéré. Puis il s'est emparé d'une énorme pièce de viande et l'a balancée rageusement sur l'établi...

Je vous l'ai dit... j'ai décidé de faire chaque jour une bonne action... et ce ne sont pas les occasions qui manquent quand on est poète...

Adriana Evangelizt

par Adriana Evangelizt publié dans : Guerrière
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Dimanche 10 septembre 2006

La  Guerrière

 

 

J'ai décidé de faire chaque jour une bonne action. Depuis que je suis devenue mystique, je suis aussi devenue christique. Aime ton prochain comme toi-même. Ce qui ne veut pas dire tendre l'autre joue pour prendre une autre beigne...  Encore faut-il me la mettre. Le but du jeu est donc d'éviter de prendre des coups quand on se trouve dans des situations délicates. Oui, cela arrive. Parfois. Et si je m'en donne la peine, cela peut même arriver tous les jours. Car j'ai décidé de m'impliquer personnellement et physiquement dans mes "bonnes actions". Je les ai même ciblées. J'ai décidé d'être la Zorro qui arrive au bon moment pour quelqu'un. C'est mieux que d'être un Zéro pour tout le monde. Où que je me trouve, si je vois quelque chose qui n'est pas en conformité avec la justice, telle que je la conçois, immédiatement, sans même réfléchir ou même penser "J'y vais ou j'y vais pas"... je fonce. Kamikase ? Un peu. Téméraire ? Assez. Inconsciente ? C'est possible.

Si tu commences à réfléchir aux désagréments qui pourraient surgir lorsque tu es face à une situation  incontrôlable, tu ne fais jamais rien. Il y a des tas de gens qui agissent de la sorte. Il n'y a qu'à voir tous les enfants martyrs, toutes les femmes battues, tous les animaux maltraités. Et personne qui ne voit rien, n'entend rien Même dans les cités où les murs sont si minces que l'on entend la chasse d'eau du voisin. On vit dans un monde de sourds et d'aveugles. Ils ne veulent pas voir. Ni entendre. Ils préfèrent être lâches.

La lâcheté, c'est le bouclier de leur tranquillité. Ils y tiennent. Se boucher les oreilles quand le voisin cogne sur sa femme qui hurle c'est plus facile que d'aller frapper à la porte de la brute et d'affronter sa violence. Il existe bien sûr une autre solution, appeler les flics. Je l'ai fait une fois. Une seule. Il y a longtemps. Un pauvre hère se faisait tabasser dans ma rue. Déjà, si tu appelles à minuit, il faut attendre un grand moment pour que ça décroche. Ensuite, le gendarme de service pose plein de questions comme si c'était toi le coupable. Tu as beau lui dire que ça urge, que le type va peut-être y passer, il te demande ton nom, ton adresse, ton numéro de téléphone... et l'autre continue de hurler dehors... après le temps qu'ils arrivent, c'est trop tard bien souvent. Et cette fois-là lorsque je suis sortie, l'homme gisait dans une marre de sang, la gueule comme un compteur bleu. L'agresseur avait déguerpi.

A partir de ce jour-là, j'ai pensé qu'il était préférable que je m'investisse moi-même dans les moments critiques de l'existence. D'autant qu'à part moi, personne n'était sorti voir ce qui se passait. Tous sourds. La planète Terre est remplie de malades chroniques atteints de surdité. Ils ne veulent pas d'ennuis. Pas de problèmes supplémentaires. Ils ont déjà tant à faire avec leur quotidien. Bosser pour bouffer, boire et dormir. Pour ceux qui bossent. Depuis longtemps j'observe tous ces couards. Ils baissent la tête quand je les croise. Ils ont compris que je ne fais pas partie de leur univers pitoyable. Cela m'est impossible. Je me sens comme investie d'une Mission. Protéger la veuve et l'orphelin. Défendre le faible et l'opprimé. Être une sorte de Chevalier... Et rabattre le caquet à tous ceux qui se prennent le droit de torturer un être humain ou un animal. Même moralement.

Il ne faut pas croire que l'on devient christique, comme ça, du jour au lendemain. J'ai moi-même eu mes peurs, mes faiblesses, mes lâchetés. Il y a longtemps. Le courage, ça se travaille. La peur, ça se maîtrise. D'ailleurs le proverbe est vrai... la peur n'évite pas le danger. J'ai compris que c'est au fond de soi que l'on puise cette force qui permet de vaincre l'adversité ou l'Adversaire et de devenir une vraie Guerrière. Tout passe par le regard et la Parole. Trouver le mot juste qui frappe comme un coup de poing. Désarmer l'Ennemi en le clouant au pilori par le Verbe sans le lâcher des yeux. Si l'on tombe sur quelqu'un possédant un minimum d'intelligence, cela peut se passer bien. Sinon, bien sûr... il faut passer à l'étape physique. Cette éventualité ne doit jamais quitter ton esprit. Même avant l'intervention. Car, oui, tu peux tomber sur un cinglé qui n'écoute rien ni personne et se rue vers toi, tête la première, prêt à t'envoyer un coup de boule parce que tu viens d'interrompre la volée de bois vert qu'il mettait à sa femme.

A suivre...

Adriana Evangelizt

par Adriana Evangelizt publié dans : Guerrière
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