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  • : Adriana Evangelizt Poete Rebelle Mystique Libre-Penseuse
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  • : poesie
  • : Le Poète -le vrai- porte la croix du monde dans son coeur. Il y trempe sa plume et écrit dans son sang le malheur des hommes et leur espoir. Dénoncer, accuser, se battre pour la Liberté, tel est son destin.
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Jeudi 14 février 2008

 

 

III - Le Formateur

 

par Adriana Evangelizt

1ère partie

2ème partie

Sa liberté ! Pauvre d'elle ! Qu'est-ce qu'elle croit ? Je sais qu'en ce moment mon visage est de marbre en la toisant de toute ma hauteur. Et c'est méprisant que je crache...

-La liberté n'existe pas. Elle n'est qu'un mot pour faire rêver les imbéciles ! Mettez vous ça dans la tête ! Personne n'est libre. Pas même moi.

Mais pourquoi j'ai lâché ces derniers mots  ? Qu'est-ce qui m'a pris ? Elle me regarde toujours et je vois naitre un affreux sourire sur son affreuse bouche !

-Je sais que vous n'êtes pas libre. Vous l'êtes encore moins que moi, dit-elle me montrant ses poignets menottés avant de poursuivre, il y a des chaînes invisibles qui sont plus pesantes que des boulets. Je préfère encore la prison plutôt que d'oeuvrer pour la Nation. Car ceux qui oeuvrent pour elle sont sacrifiés d'avance pour une cause... qui n'est pas la mienne. Vous tomberez aussi même... si vous êtes persuadé du contraire. Même si vous croyez... être du bon côté.

-Taisez-vous ! Je sais que vous êtes une forte tête. C'est pour cette raison que... vous avez été choisie. Il y a longtemps que nous nous intéressons à vous.

-Je sais.

-Cessez de dire "je sais" à tout bout de champ, c'est agaçant à la fin ! Parce que vous ne savez rien du tout ! Rien du tout. A peine êtes-vous consciente d'appartenir à la Nation. Que vous le vouliez ou non. Vous lui appartenez. Et si vous refusez... la seule alternative qui vous est offerte, vous serez inexorablement broyée. Vous croupirez en prison jusqu'à votre dernier soupir. Mais avant de rendre l'âme, vous connaîtrez le prix de la solitude. Vingt-quatre heures sur vingt quatre. Exception faite des surveillants qui se chargeront de vous empêcher de dormir souvent. Longtemps. Est-ce de cette liberté-là dont vous rêvez ?

Tête toujours levée vers moi, elle me fixe sans ciller. Pas un muscle de son visage blême ne bouge. Puis son regard semble se perdre au-dessus de mon épaule lorsqu'elle dit...

-Il suffit de dix secondes pour faire cesser les battements de son propre coeur. La liberté est une notion qui implique de pouvoir toujours choisir sa façon de se faire la belle. La mort est aussi une évasion quand la vie n'est plus supportable. Bien sûr, vous pouvez ne pas me croire. Qu'à cela ne tienne. Je suis prête à vous prouvez que je suis capable de cela. Dix secondes. Une...

Elle replante ses yeux dans les miens en continuant de compter deux... trois...  je suis sûr qu'elle ment ! quatre... cinq... dix secondes, c'est pas possible. six... sept... je sais qu'à moi, il m'en faudrait quinze... Huit... neuf...

-Arrêtez ce jeu stupide !

Pourquoi ai-je hurlé ?

-Je sais que vous savez que ce n'est pas un jeu, laisse-t-elle tomber, voix sans une fêlure.

Je recule d'un pas. Les portes de son esprit se sont ouvertes. Je m'y engouffre. Impatient de savoir...  Au fond de ses yeux océans tourmentés dansent de hautes flammes. Un immense brasier d'où semble surgir une sombre silhouette qui s'approche titubante, bras tendu, d'un homme agenouillé dont la tête éclate sous l'impact des cinq balles tirées à bout portant.

-Mission accomplie, dit-elle en coupant le contact de son esprit en feu.

A suivre...

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana Evangelizt publié dans : Mes fictions-réalités
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Vendredi 8 février 2008

II - Le Formateur

 

par Adriana Evangelizt

1ère partie

 

Tableau de Magician

 

 

Elle est là, devant moi, rigide sur sa chaise. J'ai donné l'ordre que l'on n'enlève pas ses menottes, ni les chaînes qui entravent ses chevilles pour l'humilier. Il faut qu'elle comprenne qu'ici, c'est moi le Maître. Je fais mine de compulser un dossier en lui jetant un regard de temps en temps... son visage est blanc comme de la cire. Impassible. Ses yeux morts. J'essaie de sonder ses pensées mais son esprit semble complètement vide. Je n'entends aucun son. Ne vois aucune image. Peut-être qu'ils lui donnent trop de neuroleptiques là-bas ? Peut-être qu'elle est amorphe ??? Bon... il faut y aller...

-Je suppose que vous vous demandez pourquoi vous êtes ici ?
-Non, répond-elle d'une voix grave et glaciale.
-Vous voulez me faire croire que vous ne vous demandez pas pourquoi vous êtes ici ? Je souris. Je sais que les femmes adorent mon sourire. Mon Dieu, vous avez des dents superbes. Et quelle bouche ! Elle me regarde sans ciller. Avant de lâcher...
-Non, je ne me le demande pas puisque... je sais déjà pourquoi je suis ici.
Quel applomb ! Comment saurait-elle puisque moi je ne sais qu'à demi ? Je reconnais-là une orgueilleuse. Quel bonheur cela va être de rendre plus humble cette créature pitoyable !
-Ah bon. Vous savez. Quoi au juste ? dis-je toujours souriant...
-Je sais que l'on m'a sortie de prison pour me demander d'oeuvrer pour la Nation. Je sais cela. Tout comme je sais... qu'il dépend de vous que je retourne ou non dans ma geôle, laisse-t-elle tomber en continuant de vriller ses yeux mortels dans les miens.
Je me lève lentement et commence à faire les cent pas à côté d'elle...
-Êtes-vous perspicace ou bien sont-ce... des ragôts de prison ? Nul doute que les conspirationnistes ne doivent pas manquer dans cet endroit.
-Vous devriez savoir que je suis à l'isolement et que je ne vois absolument personne. Ce qui ne me dérange nullement, j'aime la solitude. Le monde m'emmerde. C'est pour cette raison, d'ailleurs, que je n'ai pas du tout envie de travailler pour la Nation. J'ai besoin de repos et de calme. J'ai besoin de tranquillité. J'ai besoin qu'on me foute la paix.

Je me plante devant la fenêtre, mains croisées derrière le dos, faisant mine de regarder le ciel. Les mots paix, calme, tranquillité dansent sur les vagues houleuses de mon esprit. Madame veut de la solitude et du repos. Madame ne veut pas oeuvrer pour la Nation. Et enfin Madame oublie qu'elle est pieds et poings enchainés et qu'elle n'est peut-être pas dans une position de demander quoi que ce soit. Je me retourne lentement, je n'ai plus envie de sourire...
-Parce que vous croyez que l'on va vous demander une quelconque permission pour faire de vous ce que l'on doit en faire ? Vous vous pensez en état de dire "je veux... je veux... je veux ?" Il faut travailler votre humilité, vous avez un gros égo, mademoiselle !  Mais pour moi, vous n'êtes qu'un numéro. Rien de plus. Et j'ai trente jours devant moi pour vous faire plier... de gré ou de force. Et sans vous toucher. Jamais. J'ai donc l'impression que votre solitude va être fortement compromise.
Je suis debout à côté d'elle dont la tête est baissée. Elle qui dit...
-Trente jours. C'est trop court. Vous n'y parviendrez pas.
-Vraiment ? Vous croyez ? Vous pariez quoi ?
Alors elle lève son son visage vers moi puis souffle...
-Ma liberté.

A suivre...



 

 

 

 

 

par Adriana Evangelizt publié dans : Mes fictions-réalités
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Vendredi 8 février 2008
 

I - Le Formateur

 

par Adriana Evangelizt

 


Photo de
Giram

 

Je suis ce que l'on nomme un "formateur". A ne pas confondre avec un "formeur". Moi, je ne forme pas, je formate. Ma vocation est de forger la mentalité de l'homme ou de la femme appelé à servir la Nation dans un futur très proche. Alors bien sûr, ces êtres-là sont triés sur le volet. Il faut qu'ils se distinguent de la masse. La masse, elle, n'est nécessaire que pour subvenir aux besoins de la Nation et de ses serviteurs. La populace laborieuse nous est d'une grande utilité matérielle mais ne peut en aucun cas participer à nos divers plans idéologiques ou spirituels. Moins elle en sait, mieux c'est pour elle et pour nous. D'ailleurs nous la maintenons dans un état léthargique permanent afin qu'elle n'ait point le temps de penser et, par extension, de se rebeller. Sexe, alcool, drogue et le spectacle permanent ! Voilà la recette idéale pour que la meute ne soit jamais hurlante mais ressemble plutôt à un troupeau bêlant. Comme dirait le vulgaire, "si vous voulez vous éclater, il faut bosser les boeufs !". Tiens, j'en ris... de les imaginer travailler pour nous nourrir, nous qui faisons partie de l'élite. J'en ris à gorge déployée au fond de ma tête. Oui. Je l'avoue. Je n'ai nulle pitié pour cette "populace". Sa stupidité effroyable me procure un écoeurement sans pareil. Comment peut-on être aussi servile, aussi soumis, aussi ridicule ? Comment ? Comment peut-on parvenir à une telle abjection de lâcheté et d'aveuglement ?

Du haut de mon balcon, parfois le matin, je regarde défiler toutes ces pauvres marionnettes et il me vient des envies de gerber, comme dirait le vulgaire. Que le peuple soit écrasé d'impôts ou sacrifiés aux intérêts douloureux de la Nation, peut m'importe ! Je suis un être cruel et les gens cruels n'ont pas d'états d'âme. Je suis fier de cela. Fier de cette cruauté qui m'habite tout entier. Je me sens intouchable. Car imperméable aux émotions humaines. C'est pour cette qualité essentielle, cette inhumanité, que j'ai été choisi pour exercer la noble profession de "formateur". J'avais, bien évidemment, fait mes preuves dans le long apprentissage inhérent à ceux qui sont prédestinés à accomplir de grandes tâches pour la Nation. Je fais partie de ceux que l'on nomme les Elus. Il y en a très peu. Non, point que je m'en glorifie. Mais je suis fier de moi. Fier d'avoir réussi là où tant d'autres ont échoué. Fier de posséder des aptitudes naturelles qui m'ont permis de me hisser suffisamment haut pour ne pas faire partie du troupeau. Suffisamment haut pour être au dessus du Président, de ses ministres et de tous ses courtisans. Eux aussi ne sont que des pions entre nos mains. Et il ne tient qu'à nous de les rétrograder plus bas que la populace, si ça nous chante. Mais plus précisément, s'ils ne sont pas obéissants. Nous aimons l'obéissance chez nos subordonnés. C'est une condition essentielle pour garder une position bien en vue. Et quelque chose qui peut même rapporter de gros subsides si l'on y met le paquet, comme dirait le vulgaire. Plus tu courberas ton dos et davantage tu seras rémunéré, larbin ! La servilité de ce président me dégoute ! Il n'en finit pas de courber le dos à chaque fois qu'une ordre lui est donné. J'ai rarement vu plus vil et plus bas. Par moments, je rêve que je le frappe pour le faire réagir. Mais il ne bronche pas. Il se laisse cogner jusqu'à ce que j'éclate sa tronche. Jusqu'à ce que j'ai les mains en sang. Bien sûr, ce n'est qu'un rêve.

Il est 7 h 30. Je suis dans mon bureau de formateur en train de compulser sur mon ordinateur le dossier consacré au candidat choisi pour le formatage. C'est une femme. Une femme. Il y a longtemps que l'on ne m'en avait pas proposé. Si je me souviens bien, je n'en ai même jamais eu à formater. Les femmes possèdent rarement les qualités requises. Personnellement, je les porte en piètre estime. Je me suis toujours méfié d'elles. La plupart ne sont que des séductrices doublées de manipulatrices. Quand il m'arrive de sortir dans le monde parce que je suis invité, ne m'échappe pas le manège de ces prédatrices. Plus d'une  joue de ses charmes pour essayer de m'embobiner. Mais je reste froid à leurs avances. Froid à leur contact. Rien ne m'excite en elles. Des chiennes en rut pour la plupart. Il est hors de question que je me mêle à ça ! Quelle décadence se serait pour moi, l'Elu. Un de mes amis me disait l'autre soir "Tu as une côte monstre avec les femmes. Regarde, elles sont presque toutes en train de te regarder. Il est vrai que tu es tellement beau !" Sa réflexion m'a arraché un sourire. Oui, je suis beau. Ou plutôt... je sais par les autres que je le suis. Et c'est peut-être pour cela que je suis si inaccessible. Si froid. Si distant. J'émets une hypothèse car je ne suis sûr de rien. Peut-être que cette froideur est dûe à mon propre formatage. On doit beaucoup travailler l'insensibilité. Rien ne doit nous émouvoir. Rien. Ni personne. Et surtout pas les femmes. C'est ce qu'ils disaient... celui qui est prisonnier du charme des femmes et du sexe, ne peut pas être un vrai Fils de la Nation. Seul celui qui sait tout maîtriser parviendra au sommet. J'ai tellement maîtrisé que je ne suis jamais tombé amoureux. De toute mon existence. Aucune femelle n'est parvenue à briser la glace dont je me suis caparaçonné. Un vrai marbre. Comme je méprise le président, je méprise les femmes !

Et justement, à cause de cela, la fameuse candidate... sera victime de mon acharnement jusqu'à ce qu'elle craque. Ce qui équivaudra à une inaptitude. Elle ne pourra donc pas oeuvrer dans les rouages secrets de la Nation. Et retournera de là où on l'a momentanément tirée. En prison.

A suivre...

 

 

 

par Adriana Evangelizt publié dans : Mes fictions-réalités
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Mercredi 3 octobre 2007

 

 

 

Application fictive de la méthode sarkozyenne

 

Je comprends parfaitement ceux qui se shootent... se droguent... s'alcoolisent pour s'évader dans d'autres mondes par des moyens licites ou illicites car pour un être conscient, la vie ici est insupportable. Insupportable surtout l'impuissance à ne rien pouvoir changer. D'accord, on a des blogs, on écrit... parle avec des gens... gueule. Tape un grand coup sur la table. Mais qu'est-ce que ça change ? Absolument rien. L'humanité est en complète servitude. Bridée par une poignée d'individus qui se prennent tous les droits et n'en laissent aucun au peuple. Je vais commencer par les broutilles.

En un mois, Sarkozy -ou du moins son chauffeur- a grillé huit feux rouges, fait autant d'excès de vitesse, roulé à 128 km/h au lieu des 90 autorisés, a pris deux rues en contresens, franchi une ligne blanche et une voie de bus. Voir ICI. Et derrière lui, il y avait son convoi présidentiel comptant jusqu'à 18 voitures, ce qui signifie que -puisqu'il était en tête de file- les autres suivaient allègrement. On imagine bien que si poulets il y avait à un endroit quelconque, pas un seul n'aura osé s'interposer. Ni sifflé. Ni fait quoique ce soit.

Imaginons encore que demain je me la joue façon sarkozienne. J'enfourche ma bécane, suivie par dix-huit potes et en route pour le rodéo. On passe le premier feu rouge. Un automobiliste klaxonne. Pas de poulets. Avec mes dix-huit potes, on fonce. Deuxième feu rouge. De loin, j'aperçois un fourgon flicard. Faisons comme si on avait rien vu. Je ralentis quand même au feu rouge. Personne à gauche. Ni à droite. Coup d'accélérateur devant la mine ahurie des keufs qui regardent passer la cohorte infernale et mettent trente secondes avant de siffler. J'imagine la scène. Ils rentrent dans le fourgon, appellent du renfort et dans moins de cinq minutes, les choses sérieuses vont commencer.

Effectivement en arrivant au cinquième feu rouge, les sirènes hurlantes de la maison poulaga parviennent à mes oreilles, malgré le bruit des Harley. Les badauds se retournent sur les trottoirs. Peut-être vont-ils penser que l'on est en train de tourner un remake d'Easy rider, vu l'inhabituel de la scène dans cette petite ville où il ne se passe jamais rien. Je vais abréger le film pour que l'on se projette au huitième feu rouge que nous grillons sans états d'âme comme tous les autres. Et là, je tourne à droite sciemment, dans une rue en cul-de-sac. Il faut bien quand même à un moment donné affronter les uniformes d'autant que... toute ce petit scénario n'a qu'un seul but.

A peine sommes-nous descendus de bécane que déjà complètement cernés nous sommes. Pistolets au poing ils nous braquent comme si on était des bandits de grands chemins. C'est ainsi que se passent les choses aujourd'hui. J'enlève lentement mon casque. Fais un pas en avant. Une voix vocifère :

-Toi ! Tu bouges pas !

Je rétorque :

-Je vous interdis de me tutoyer ! Qu'est ce que vous foutez là avec vos pétards ? Y'a un problème ?

Je vous laisse imaginer la tête des flics. Quelques secondes après, la stupeur passée :

-Vous avez grillé huit feux rouges !

-Et alors ? La belle affaire !

Et là, je sors la fameuse page du quotidien Libération et je la tiens devant moi, au bout de mon bras tendu en disant :

-Lisez !  Lisez !

Les keufs se jettent des regards circonspects. Se demandant si c'est du lard ou du cochon. Et finalement, il y en a un qui s'avance. Il veut prendre la feuille mais je lui dis :

-Bas les pattes ! Lisez à voix haute pour que vos copains entendent.

Et là, il commence la lecture...

-"En un mois, Nicolas Sarkozy a grillé... huit feux rouges"...

Et bien évidemment après avoir prononcé les trois derniers mots, il s'interrompt, plonge un instant ses yeux dans les miens puis :

-Sarkozy est le président de la République ! tonne-t-il...

-Sarkozy est un humain comme vous et moi et il n'a pas à être au-dessus des lois ! Si lui peut le faire, pourquoi pas nous ?

Voilà que maintenant ses collègues viennent à la rescousse... et là, je plante la feuille de chou devant mes yeux et je lis...

-"En un mois, Nicolas Sarkozy a grillé huit feux rouges et fait autant d'excès de vitesse. Il s'est par exemple permis une petite pointe à 128 km/h au compteur - 124 réels - au lieu des 90 autorisés sur la N 118. Avec son convoi présidentiel imposant, qui peut compter jusqu'à 18 voitures, le chef de l'État s'est également offert le luxe de prendre deux rues en contresens, franchir une ligne blanche et une voie de bus." puis je la replie tranquillement, la remet dans ma pache. Et continue... "Tant que Sarkozy n'aura pas été sanctionné pour ses infractions... nous n'avons pas à l'être. Personnellement, je n'ai pas voté pour ce type et... il n'est pas mon président. Il est un individu hors-là-loi qui imposent sa loi aux autres alors qu'il est incapable de la respecter lui-même. Comment appelez vous cela ? Un homme de cet acabit peut-il gouverner la France ?

-Nous n'avans pas à discuter de Sarkozy après ce que vous avez fait ! crache un autre...

-Nous avons justement à discuter de Sarkozy car ce que nous avons fait, nous l'avons fait parce qu'il l'a fait ! Nous avons suivi son exemple. N'est-il pas bon ? Maintenant messieurs, nous allons être obligés de vous quitter car nous allons suivre son exemple jusqu'au bout. Il nous reste encore deux rues en contresens à prendre, une ligne blanche à franchir ainsi qu'une voie de bus. Puis nous irons sur une nationale pousser une petite pointe de 128. Nous ne vous interdisons pas de nous suivre. Vous pouvez même passer devant nous avec girophares et sirènes hurlantes... notamment pour les sens interdits, ça nous facilitera la tâche. Parce que dans tous les cas, si vous nous arrêtez, nous invoquerons pour notre défense que tout ce que nous avons commis a été inspiré par Nicolas Sarkozy. Si lui l'a fait, pourquoi pas nous ? Et nous ferons tant de bruit dans les médias que bientôt des milliers de Français feront comme nous. Et peut-être même que cela pourrait traverser les frontières. Il me semble que vous aurez beaucoup de mal à loger tout ce petit monde vu l'archi-remplissage de vos prisons.

Et pour finir l'histoire, nous dirons que les policiers nous ont ouvert la route pour éviter les problèmes.

Rêvons. Mais en attendant, ce petit scénario trotte dans la tête de nombreuses personnes. A divers degré quand on voit combien en haut lieu on se fout de la gueule du populo.

On se croirait revenu au temps de Louis le quatorzième et sa cohorte de courtisans. "Mon cher Marquis de Martinon, vous êtes si affable, si servile que je m'en vais vous donner le fief de Neuilly. Un fief de grande classe où les manants n'ont pas droit de cité." ou bien "Vicomte Arno je ne sais pas encore où vous coller mais j'y songe." ou encore "Mon cher Gaston -vrai prénom de DSK- vous m'avez quémandé un poste de grand argentier et je vais appuyer votre requête" Et tout à l'avenant.  On pourrait citer des dizaines d'exemples où le copinage et le communautarisme ont permis à des individus sans aucune valeur de se hisser au sommet. Strauss-Kahn, par exemple, va palper 500 000 dollars par mois soit 400 fois le RMI. Voir ICI. On l'imagine ricaner sans problème de sa victoire.  La "populace", quant à elle, doit s'échiner. Aucune commisération ou compassion pour les pauvres. Le peu qu'ils ont, on leur sucre. Croyez-le, ce ne sont pas des christiques qui nous gouvernent. A part eux, rien ne compte. Ils se vautrent dans l'opulence avec une indécence qui donne la nausée.

Alors ne nous étonnons pas s'il y a de plus en plus de transgresseurs, de voleurs, de braqueurs... et de terroristes...  parce que tous ceux qui sont en bas ressentent une telle haine pour ces élites dévoyées méprisantes, sans valeur et sans code d'honneur qu'il va falloir que ça explose. On ne peut plus continuer à supporter ces déviances. C'est impossible.

Adriana Evangelizt


 

par Adriana Evangelizt publié dans : Mes fictions-réalités
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Vendredi 23 février 2007

Une petite fiction qui m'a été inspirée par la vie et la mort de Saddam Hussein. La scène se passe dans une pièce avant l'exécution... un long monologue...

 

Le Bourreau du Roi

 

 

 

Qu'est-ce que tu crois Bourreau ? C'est bien ton nom, n'est-ce pas ? Tu ne réponds pas. Tu préfères tourner le dos. C'est plus courageux. J'en ai connu des types comme toi dans ma jeunesse. Ils travaillaient pour moi. Ils faisaient ce que tu fais. Ce que tu vas faire dans quelques minutes. Ils portaient aussi une cagoule noire. Pour pas qu'on voit leur sale gueule mouillée d'une irreppressible peur. Peur de quoi ? Ou de qui ?  Il y en avait un qui avait ma préférence. Tout le monde l'appelait le Bourreau du Roi. Parce que le monarque qui régnait sur le pays savait qu'il pouvait compter sur lui pour exécuter toutes les basses oeuvres que sa majesté lui interdisait. Quand tu règnes au sommet d'un Etat, tu ne dois pas te salir les mains dans de viles besognes. Tu as recours à ce que l'on nomme de "petites mains". Et les mains n'ont pas de cervelle. Or, quand elles sont "petites", elles en possèdent encore moins que les autres. Fais moi voir les tiennes au lieu de rester de dos ! N'oublie pas que je suis toujours le Roi. Même si les envahisseurs disent le contraire. Ils peuvent toujours piller nos richesses et massacrer mon Peuple, ils ne nous prendront jamais notre âme, ni celle du Pays. Choisis bien ton camp, Bourreau. Enlève tes gants et montre-moi tes mains. Tu ne veux pas enlever les gants ? Bon. Je me contenterai de ce que je vois. Elles me semblent courtaudes. Je parie que tu as les doigts boudinés et que tu te ronges les ongles. Baisse pas la tête quand je te cause ! Regarde-moi dans les yeux ! Là, je te sens nerveux. Si tu veux cogner, te gêne pas. Ca calme. J'ai les pieds et les mains attachés. Tu risques rien. Evite la tête parce que... moi, je n'ai pas de cagoule. Pour l'instant. Mais tout à l'heure non plus d'ailleurs.

Je veux crever en les regardant bien dans les yeux tous les enfoirés qui sont venus se réjouir du spectacle. Je vais leur montrer jusqu'au bout que je suis toujours le Roi. Ils seront même obligés, pour me faire taire, de me couper le sifflet en ouvrant la trappe. Pendu au bout de la corde je me tairai enfin. Mais pas avant. Et j'aurai encore un sourire méprisant pour répondre à leurs insanités et à leurs ordures dont ils ne sont que les poubelles. Pour avoir sacrifié mon Peuple comme ils l'ont fait... crois-moi Bourreau... ils sont pires que moi. Bien pires. Eux, déjà, n'ont pas d'honneur. Ce sont les prostitués du grand Mac américain. Il agite une grande liasse de dollars devant leur nez et ces limaces baissent leur froc en disant merci. Je vais même te dire, les vrais prostituées sont bien plus intelligentes qu'eux. Parce qu'elles passent à la caisse d'abord avant de s'allonger. Tandis que ces merdes s'applatissent juste à la vue des hypothétiques milliards qu'ils ne toucheront jamais. Par contre, le Grand Barbeau lui, il fait le plein d'essence. Il fait ses réserves. Toute l'Amérique va pouvoir rouler et se chauffer sans que l'Escroc monumental ne débourse un seul dollar mais il ne se gênera pas pour faire chèrement payer à son propre Peuple ce que ses copains ont volé. Te dire un peu à quel point lui aussi possède le sens de l'honneur. Tiens, je donnerai cher pour le voir à ma place. Mieux, j'aimerai qu'il soit là, à côté de moi. On verrait lequel des deux est le plus courageux. Oui, j'aimerais voir sa tronche quand on va arriver devant l'auditoire trié sur le volet qui gueulera les saloperies qu'on lui aura dit de gueuler. Imagine un peu la scène, Bourreau. Lui et moi, arrivant ensemble sur le podium des noeuds de pendus. J'imagine la trombine du Maître du Monde en apercevant la corde. Il va piler net, yeux exorbités, bouche ouverte en virant au blanc cadavérique. Moi, j'avancerai dignement comme un vrai Roi. Je poserai mon regard sur ces assassins qui ont vendu mon Pays et crucifié mon Peuple à des entités maléfiques. Ils pourront vociférer à s'en déchirer la gorge, je n'aurai encore que mépris pour cette engeance. Un mépris total. Mais pas de peur. Je n'ai jamais eu peur de ma vie et ce n'est pas maintenant qu'elle se termine que je vais commencer. Je vais leur montrer à tous ce qu'est mourir comme un Roi. Mais le Grand Mac saura-t-il mourir comme un Maître du monde le devrait ?  Ca te fait rire ? Certes, la scène imaginaire est risible. Tu sais bien que je suis plus courageux que lui. Nous n'avons pas eu le même parcours. Ni le même début ni la même fin.

Et toi, Bourreau, tu auras aussi participé à cela. C'est normal, vu ce que je devine de tes mains. Ce sont les mêmes que celles du Bourreau du Roi. Des mains de brute épaisse qui n'ont jamais su effleurer une fleur, caresser une femme et encore moins l'apprivoiser. Des mains d'assassin mariées avec le crime. Prenant plaisir à faire souffrir. A supprimer la vie. Le Bourreau du Roi n'aimait que son Maître. C'est ce qu'il disait. "Ordonne Sire. Et j'accomplirais. Je te dois tant." Il y avait effectivement une dette entre lui et moi. Une dette inestimable. Je lui avais sauvé la vie quelques années auparavant. Il avait assassiné un prince de ma cour qui avait violé sa soeur. Les complots du Prince me gênaient. J'avais vu dans cet assassinat une libération. Le libérateur méritait récompense. Il y eut bien sûr un procès retentissant où le verdict fut... la pendaison. J'ai fait en sorte que quelqu'un d'autre soit pendu à sa place après quelques transformations. Et le coupable fut libéré en catamini. Il lui fut fourni une autre identité ainsi qu'un travail particulier. Rester dans mon ombre et porter pour moi les coups fatals. Pourquoi me tournes-tu encore le dos, Bourreau ?

Lorsque tu es sur le trône et que tu tiens à le garder, il ne faut pas faire de sentiments. Même avec les gens de ta famille. C'était ainsi. Une main de velours dans un gant de fer. Le velours pour ma femme, le gant pour les autres. Je rêvais d'un grand destin pour mon pays. Certains gêneurs ne faisaient pas partie du projet. Quelques pions furent enlevés de l'échiquier. Le Bourreau du Roi était une aide précieuse qui ne renâclait pas à la tâche criminelle. Il suffisait que je dise "la vue d'un tel m'est insupportable" pour que l'horizon s'éclaircisse quelques jours plus tard. Tout comme pour certaines exécutions publiques, je tenais à ce que ce soit lui qui s'occupe de mes ennemis. Je faisais un transfert. Au travers de lui, c'est moi qui frappait. Ceci me procurait un grand contentement.

Le Bourreau du Roi portait toujours des gants noirs. Comme les tiens, Bourreau. Il s'était fait tatouer mon nom sur sa main droite. Preuve qu'il n'avait rien dans la cervelle. Je lui ai dit qu'il n'aurait pas dû. Je lui ai dit que si les choses tournaient mal un jour, deux solutions s'offriraient à lui. Soit on le tuerait sur le champ. Soit on lui demanderait de...  me trahir. Et il m'a répondu qui préfèrerait mourir plutôt que de me trahir. Vas-tu encore longtemps me tourner le dos, Bourreau ?

A l'heure actuelle, je me dis qu'il doit sûrement être mort. Pendant ces trois années de captivité, j'ai souvent pensé à lui. Oui, souvent. La roue tourne pour beaucoup de monde. Les rois se retrouvent au banc des accusés puis condamnés à mort. Les bourreaux, par contre,  restent souvent des bourreaux. Ils ne savent rien faire d'autre que dissimuler leur visage derrière des cagoules. Très peu de gens savent à quoi ils ressemblent. Le Bourreau du Roi avait le privilège de se promener sans masque dans l'immense propriété de son Maître. Ils marchaient côte à côte en tirant des plans sur la comète. Quelle étoile montante allait-il falloir éclipser pour que je reste l'astre le plus brillant du firmament ?

Juste avant que le Grand Satan ne pilonne mon pays, je lui avais suggéré qu'il allait falloir penser à sa retraite. Il m'a répondu qu'il voulait rester à mon service jusqu'au bout. Que personne ne serait capable de faire autant que lui pour moi. Alors... je me suis arrêté de marcher. Je l'ai longuement regardé dans les yeux. Puis j'ai posé ma main sur son épaule. Mille pensées traversaient mon esprit. J'avais tant à lui dire. Je me revoyais des années en arrière et j'ai fortement pensé que si je n'étais pas devenu Roi, j'aurai sûrement pu devenir un bon bourreau puisque j'avais versé mon premier sang à l'âge de quatorze ans. Sans états d'âme et sans verser une larme. Mais les mots sont restés coincés dans ma gorge. On devrait davantage dire ce que l'on a sur le cœur tant qu'il nous en reste encore le temps. Qu'en penses-tu Bourreau ? Jusqu'à quand vas-tu rester planté face à ce mur ? Serais-je donc si effrayant que tu ne veuilles me regarder ? Dis-moi... d'après toi... est-il vivant ou mort ? A-t-il préféré mourir ou... me trahir ? Pourquoi tes épaules se voûtent-elles, Bourreau ?

Puisque désormais les minutes me sont comptées, je vais t'avouer quelque chose... finalement, j'aurai préféré qu'il me trahisse. Et que ce soit lui qui me passe la corde autour du cou. Le Bourreau du Roi n'était pas un bourreau ordinaire. Entre lui et moi existait un lien que seule la Mort aurait pu rompre. La mort, c'était son domaine. Le savoir auprès de moi à ce moment fatal me l'aurait rendu encore plus cher. Je sais qu'il aurait pris un soin particulier à exécuter ce... dernier contrat. Peut-on survivre après la mort de son Maître ? Peut-être... ses mains auraient-elles tremblé pour la première fois ? Peut-être... aurait-il rendu grâce à cette affreuse cagoule noire camouflant ses larmes au moment de l'adieu ? Peut-être aurait-il baissé la tête pour ne pas que je vois ses yeux lorsque je prononcerai "Je te pardonne..." ? Peut-être. Mais pourquoi sanglotes-tu en tombant à genoux, Bourreau ?

Adriana Evangelizt

par Adriana Evangelizt publié dans : Mes fictions-réalités
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