Les poètes maudits

Publié le par Adriana Evangelizt

 

 



LES POËTES MAUDITS





 

Ils sont passés un jour sur le fil du rasoir
Il le fallait
Il leur fallait le baiser froid du métal
Vibrant comme une lame
Pour foudroyer leur âme
Et atteindre cette beauté insaisissable
Transcrite dans le verbe
Purifiée par les mots
Que leur cœur tatouait
Sur les pages blanches de l’éternité…
Il le fallait
Pour nous souffrir encore
Longtemps après leur mort
Leur mort… étoile rouge de leurs nuits sans sommeil
Planant sur les rives meurtries de nos insolitudes
Faussement comblées…



Ils ont marché un jour sur les pointes d’acier
De leur abîme bleu
Il le fallait
Il fallait ce vertige pour supporter leurs corps
Détestable prison
Il leur fallait étreindre l’agonie suffocante
De l’extase
Ces ravins lumineux qui dorment sous les rêves
Sous l’éclair des consciences
Dans le brûlot de nos mémoires…


Il le fallait
Pour inventer l’idée
Et recréer l’image
Approfondir les chemins diffus de l’absolu
En éclatant les rimes
Leur souffle suspendu
Entre néant et rien
Entre sang et douleur
Et puis ce mal de vivre...


Antonin Artaud... Nelligan... Rimbaud...
De Nerval... Verlaine... Saint-Denys Garneau...
Lautréamont... Hölderlin... Edgar Poe et tant d’autres...
Maillons tourmentés d’une chaîne
Condamnée à l’avance
Où êtes-vous mes frères ?
Souvent je m’écartèle aussi
Afin de vous rejoindre
Dans ces nuits
Où les mots ont vos bruissements d’ailes...



Adriana Evangelizt

Publié dans Mes poèmes

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