Les garçons sont dangereux

Publié le par Adriana Evangelizt

 

 

 

Les garçons sont dangereux...

 





L
e monde est peuplé d'imbéciles. J'ai longtemps fait partie de cet univers d'insensés et je ne renie rien de ce que j'ai pu dire ou faire. La vie est une école. Elle vaut tous les livres que tous les maîtres de la planète mettront entre tes mains. D'ailleurs qu'apprend-on en classe ?  Que Charles Martel a battu les Arabes à Poitier ? C'est faux. Que l'empereur Charlemagne a été couronné en l'An 800 ? Mais de sa naissance à l'An 800 que s'est-il vraiment passé dans la vie de l'homme ? Et que dire de Jeanne d'Arc ? Doit-on vraiment croire à cette légende ? Elle entendait des voix. Certes. On oublie simplement de t'app
rendre que la gente demoiselle n'était pas qu'une simple bergère. Donne-t-on une armée à une bergère ? Simplement au nom de la morale, on édulcore la Vérité. Il nous faut retenir que Jeanne d'Arc était pucelle, qu'elle entendait des voix mais on passe sous silence qu'elle était une bâtarde d'une des plus grandes dames de France tombée amoureuse d'un des plus grands seigneurs et que l'on avait placé le fardeau chez des parents nourrissiers vivant à la campagne. Alors finalement qu'apprend-on à l'école ? Pas le plus important et surtout pas la Vérité, la plupart du temps.

La Vie t'apprend beaucoup plus si tu t'intéresses à la Nature, aux animaux, aux gens... Les animaux et la Nature ne mentent pas et ne te  trahissent pas, les gens si. Même tes parents. Ce n'est pas de leur faute, ils font comme leurs parents. L'éducation d'un enfant n'est qu'une longue suite d'héritages et d'atavisme dont tu es pétri. Déjà, tu portes un prénom que tu n'as pas choisi toi-même. Il en est de même pour la Religion. Et si tes géniteurs sont accros à une idéologie, dès le plus jeune âge, ils vont essayer de t'y faire adhérer. Le bourrage de crâne commence très tôt. S'ils sont sionistes ou communistes -par exemple- ils essaieront de t'inculquer le bien-fondé de ce en quoi ils croient sans te laisser le libre-arbitre de voir par toi-même si c'est un bien ou un mal. Dès que tu naissance, tu es donc tributaire de tes tuteurs. Ce qu'ils pensent bien pour eux est bien pour toi. Bien souvent même, ils répercutent sur leur progéniture les erreurs qu'ils ont pu faire en voulant justement que tu ne les fasses pas. Ainsi comme j'en parlais dans l'Enfance pour citer ma mère en exemple, étant tombée enceinte  avant le mariage, elle s'était fait la gardienne de ma virginité et dès mon plus jeune âge, je me suis trouvée en butte à tout un tas d'interdits liés aux garçons. Il ne fallait pas jouer avec eux à l'école pour commencer. Lorsque à l'âge de 5 ans, j'ai demandé "pourquoi", elle était bien incapable de me répondre bien évidemment. Bien incapable d'être logique surtout. La seule réponse que j'ai pu obtenir, c'est qu'ils étaient dangereux. Et oui, c'est reconnu, le danger vient toujours des autres, pas de soi-même. Et les gens sectaires, avec des à-priori et des principes rigides sont plus dangereux que tous les autres. Le monde en est rempli. Ils ne fonctionnent pas avec l'Intelligence mais avec une froide raison calculée et calculatrice pour les plus forts et une lâcheté assorti d'une soumission sans bornes pour les plus faibles. On ne cherche pas à savoir si ce que dit papa ou maman est juste, on écoute et on obéit. Pour leur faire plaisir, le trois-quart du temps et pour avoir la paix. Suivant le degré d'obéissance, on sera récompensé ou puni.

Pour prendre l'exemple de l'interdiction de jouer avec les garçons imposée par ma mère, il y a une anecdote assez marrante, si l'on puit dire... lorsque que je suis allée en classe pour la première fois, j'avais quatre ans et demi. L'école représentait pour moi une sorte de liberté. J'étais loin de l'autorité de ma mère, loin de ses cris, de ses coups, heureuse donc d'entrer dans un univers où elle n'était pas. La maison pour moi, c'était la prison. Les premiers enfants avec qui j'ai lié amitié étaient donc des garçons. Je voulais découvrir par moi-même pourquoi ils étaient dangereux...or, la désobéissance était le seul moyen d'avoir une idée exacte de la chose... Elle m'avait tellement bourré le crâne que je culpabilisais quand même de lui désobéir. J'avais surtout peur qu'elle l'apprenne. Dans les villages, tout se sait mais j'avais décidé de courir le risque quitte à prendre une volée de plus..

A une récréation, me voilà en train de jouer à la guerre avec mes petits compagnons. Il y en a un qui me capture, il me saisit par le bras, je veux m'échapper, il commence à me faire tournoyer avant de me lâcher et je tombe le bras dans un trou. Pour vous dire qu'à l'époque, les cours d'école n'étaient pas goudronnées. En tombant je ressentis une douleur épouvantable au poignet droit qui s'est  mis à enfler dangereusement. Je n'en parle à personne. Le soir, ma mère vient me chercher à la sortie des classes, je ne lui en souffle pas mot mais je redoute déjà le repas du soir car je sais pertinemment qu'il me sera impossible de me servir de ma main roite pour manger. J'ai trop mal. J'imagine déjà la séance et je crains le pire. D'autant que le cerbère était assis à côté de moi au moment des repas avec ses sempiternels "Mange !" Je n'étais libre de rien, à peine de respirer.

Nous voilà donc installée devant la table, l'assiette remplie... "Mange !" Je prends donc la fourchette de la main gauche et entreprends de commencer à me substanter en essayant d'imaginer comment je vais pouvoir couper la viande. Je porte timidement une nouille à ma bouche et bien évidemment, l'utilisation de la patte gauche n'échappe pas à mon cerbère.

-Qu'est ce que c'est que cette nouveauté ? me demande-t-elle... tu prends ta fourchette de la main droite, s'il te plaît !

J'obtempère... du moins j'essaie car le fait est que je suis dans l'impossibilité de refermer le pouce et l'index sur le manche de l'ustensile, je souffre le martyre. Et je m'attends bien sûr au pire, à cet instant précis. Voyant que j'ai du mal à me saisir de la fourchette, elle se saisit de ma main droite et je pousse un cri de douleur...

-Qu'est-ce que tu as ?

Et là, je commence à pleurnicher pour essayer de l'attendrir en hoquetant...

-J'ai mal. En courant je suis tombée dans un trou et...

-Pourquoi tu courais ?

Eh oui... pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Ma mère posait beaucoup de questions, elle aurait pu sans problèmes se faire embaucher par l'Inquisition ou la Gestapo, elle aurait fait un très bon interrogateur.

-Lorsque la maîtresse a sifflé pour entrer en classe, je me suis mise à courir, j'ai trébuché et je suis tombée...

Tout ça entre les sanglots et elle qui me palpait le poignet m'arrachant en sus des cris de souffrance.

-Ma parole, tu as le poignet tout enflé. Il doit être foulé. Essaye d'attraper la fourchette pour voir...

-Je peux pas...

-Bon, il faut aller voir la "sorcière"...

La "sorcière". Lorsqu'elle a prononcé ce mot, je me suis mise à pleurnicher de plus belle. On m'avait vaguement raconté l'histoire de Cendrillon ou de Blanche-Neige et les sorcières n'étaient pas pour moi de gentilles personnes. J'ai pensé qu'elle voulait m'emmener voir la "sorcière" pour  me punir. En fait, la "sorcière" était une rebouteuse...

-Je ne veux pas aller voir la sorcière. Maman s'il te plaît...

-Elle va te guérir, imbécile ! Allez debout. Je serai là de toute façon.

Sitôt dit sitôt fait. Nous voilà parties dans la nuit noire, à pied. Il faisait très sombre chez la dame qui était âgée, toute vêtue de noir. Je l'ai trouvé impressionnante... elle me regardait droit dans les yeux en souriant me passant un beaume sur l'endroit douloureux. J"ai senti comme une douce chaleur puis elle a tiré d'un coup sec et je suis tombée dans les pommes...

Pas longtemps car lorsque j'ai rouvert les yeux, nous étions toujours chez elle.

-Remue ton poignet maintenant...

La douleur avait disparu, je faisais des moulinets avec ma main comme si de rien n'était. La rencontre avec cette femme dont je n'ai jamais su le nom allait bouleverser ma vie quelque part... je l'appelais la Magicienne... et c'est grâce à ma "désobéissance" qu'il m'avait été donné de la rencontrer.


(A suivre...)

Adriana Evangelizt

Publié dans Enfance du poète

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Commenter cet article

David 27/09/2006 01:05

A marta
Ah ce besoin de toujours critiquer ! La Haine est tellement préférable à l'Amour, n'est-ce pas ?
 

marta 26/09/2006 19:40

mon dieu que c'est kitch ! au secours...

André 23/09/2006 23:02

J'aime bien ce que Thomas a écrit. Nous devons être des prophètes les uns pour les autres. Un prophète c'est quelqu'un qui a choisi, et non qui a été choisi. La croix est son symbole, parce qu'elle représente un carrefour, un choix entre la verticalité et l'horizontalité.  C'est quelqu'un, comme disait Brel, qui préfère le verbe être au verbe avoir.Je vous embrasse tous les deux, ma Soeur et mon Frère.

Magic Thomas 23/09/2006 20:11

Adriana...
C'est en réalité avec émotion que je renoue avec ce pseudo...
Mon expérience de la lumière est celle d'un émerveillement...prodigieux et prolifique enchantement...ouvrant toutes les portes et en premier lieu celles du sens d'une vie autrement bien morne...
Or cette flamme...ce fulgurant élan...m'a quelque peu quitté ces derniers temps...assailli que je fus...par bien des attaques...
De sorte que j'en suis arrivé à douter...
Un doute des plus douloureux...Car lorsque les portes du sens se referment...il devient bien délicat de regarder derrière soi...ainsi que d'envisager l'avenir sans le guide qui nous a mu...
Mais si, comme je le crois, nous sommes et devons être des prophètes les uns pour les autres...sous peine d'extinction...hé bien je suis fort heureux de te lire...
Bien à toi,

Adriana Evangelizt 23/09/2006 22:18

Chr Thomas...
Il ne faut jamais douter une fois que la porte est entrouverte. Tu peux poser des questions, tu obtiendras les réponses. Aller vers la Lumière n'est pas un chemin facile. Il est même très malaisé. Pour tous les êtres appelés à avoir l'âme christique, la voie est tortueuse. Les attaques dont tu parles, je les ai connus moi-même. Je les connais encore. Cela ne me fait ni chaud ni froid. Parce qu'IL est au fond de moi et qu'IL me donne la force, pour tout. Les gens qui t'attaquent sont l'Adversaire qui essaie de te déstabiliser. Nous sommes cernés par l'Ombre, ne l'oublie pas.
Je vais mieux expliciter cela...
Fraternellement
Adriana

Magic Thomas 23/09/2006 03:34

Bonjour Adriana,
Tout troublé par la découverte de l'origine féminine d'un blog favorable à de Villepin... tout troublé par la révélation du fait que c'était toi...
Moi même fervent Villepiniste...un brin mystique...et même christique à mes heures...
J'ose formuler l'espoir de te connaître sometimes soon...
Entre visionnaires...

Adriana Evangelizt 23/09/2006 18:12

Bonjour Magic Thomas...
Tes pseudos sont tous plus séduisants les uns que les autres... on reconnait là le mystique christique qui aime, voit, cherche la beauté en toute chose dans ce monde peuplés de laideurs et de corruption.
Entre visionnaires, oui pourquoi pas, sometimes soon...
Sourire et Amitiés
Adriana