Lettre de Pnom-Penh

Publié le par Adriana Evangelizt

 

 



LETTRE DE PNOM-PENH



 


Je t’écris de Phnom-Penh ou d’ailleurs
Avec des pétales de cœur violé
Au rouge torturé
Je t’envoie des mots capturés
Souillés d’oubli et de honte
Des mots fusillés
Avant d’être prononcés…
Je t’envoie des bruits de bottes
Des voix sourdes de despote
Des hurlements d’hommes
Arrachés avec violence
Au linceul de l’innocence…
Je t’envoie des rires de bourreaux
Des regards éteints
Quand les cris ne sont plus que des plaintes
Quand la souffrance suinte
Sur les murs de béton…
Je t’envoie mille sévices
Milles supplices
Mille tourments
Infligés sans un remords
Jusqu’aux portes de la mort.

 

Du fond de ma silhouette famélique
Presque désincarnée
A force d’être décharnée
Je t’envoie mes peurs en tremblant
Toutes ces traces sur ma peau
Mégots écrasés
Je t’envoie mes ongles arrachés
Au mur de ton silence
Aux parois de ton indifférence
Et mes yeux aveuglés comme crevés
A force de vouloir te réveiller
Toi
Toi
Toi à qui j’écris avec les lambeaux de mon âme
Les pétales violés de mon cœur
Toi qui vis si loin de Pnom-Penh ou d’ailleurs.

 

 

Adriana EVANGELIZT

Publié dans Mes poèmes

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