La Guerrière

Publié le par Adriana Evangelizt

La  Guerrière

 

 

 

 

J'ai décidé de faire chaque jour une bonne action. Depuis que je suis devenue mystique, je suis aussi devenue christique. Aime ton prochain comme toi-même. Ce qui ne veut pas dire tendre l'autre joue pour prendre une autre beigne...  Encore faut-il me la mettre. Le but du jeu est donc d'éviter de prendre des coups quand on se trouve dans des situations délicates. Oui, cela arrive. Parfois. Et si je m'en donne la peine, cela peut même arriver tous les jours. Car j'ai décidé de m'impliquer personnellement et physiquement dans mes "bonnes actions". Je les ai même ciblées. J'ai décidé d'être la Zorro qui arrive au bon moment pour quelqu'un. C'est mieux que d'être un Zéro pour tout le monde. Où que je me trouve, si je vois quelque chose qui n'est pas en conformité avec la justice, telle que je la conçois, immédiatement, sans même réfléchir ou même penser "J'y vais ou j'y vais pas"... je fonce. Kamikase ? Un peu. Téméraire ? Assez. Inconsciente ? C'est possible.

Si tu commences à réfléchir aux désagréments qui pourraient surgir lorsque tu es face à une situation  incontrôlable, tu ne fais jamais rien. Il y a des tas de gens qui agissent de la sorte. Il n'y a qu'à voir tous les enfants martyrs, toutes les femmes battues, tous les animaux maltraités. Et personne qui ne voit rien, n'entend rien Même dans les cités où les murs sont si minces que l'on entend la chasse d'eau du voisin. On vit dans un monde de sourds et d'aveugles. Ils ne veulent pas voir. Ni entendre. Ils préfèrent être lâches.

La lâcheté, c'est le bouclier de leur tranquillité. Ils y tiennent. Se boucher les oreilles quand le voisin cogne sur sa femme qui hurle c'est plus facile que d'aller frapper à la porte de la brute et d'affronter sa violence. Il existe bien sûr une autre solution, appeler les flics. Je l'ai fait une fois. Une seule. Il y a longtemps. Un pauvre hère se faisait tabasser dans ma rue. Déjà, si tu appelles à minuit, il faut attendre un grand moment pour que ça décroche. Ensuite, le gendarme de service pose plein de questions comme si c'était toi le coupable. Tu as beau lui dire que ça urge, que le type va peut-être y passer, il te demande ton nom, ton adresse, ton numéro de téléphone... et l'autre continue de hurler dehors... après le temps qu'ils arrivent, c'est trop tard bien souvent. Et cette fois-là lorsque je suis sortie, l'homme gisait dans une marre de sang, la gueule comme un compteur bleu. L'agresseur avait déguerpi.

A partir de ce jour-là, j'ai pensé qu'il était préférable que je m'investisse moi-même dans les moments critiques de l'existence. D'autant qu'à part moi, personne n'était sorti voir ce qui se passait. Tous sourds. La planète Terre est remplie de malades chroniques atteints de surdité. Ils ne veulent pas d'ennuis. Pas de problèmes supplémentaires. Ils ont déjà tant à faire avec leur quotidien. Bosser pour bouffer, boire et dormir. Pour ceux qui bossent. Depuis longtemps j'observe tous ces couards. Ils baissent la tête quand je les croise. Ils ont compris que je ne fais pas partie de leur univers pitoyable. Cela m'est impossible. Je me sens comme investie d'une Mission. Protéger la veuve et l'orphelin. Défendre le faible et l'opprimé. Être une sorte de Chevalier... Et rabattre le caquet à tous ceux qui se prennent le droit de torturer un être humain ou un animal. Même moralement.

Il ne faut pas croire que l'on devient christique, comme ça, du jour au lendemain. J'ai moi-même eu mes peurs, mes faiblesses, mes lâchetés. Il y a longtemps. Le courage, ça se travaille. La peur, ça se maîtrise. D'ailleurs le proverbe est vrai... la peur n'évite pas le danger. J'ai compris que c'est au fond de soi que l'on puise cette force qui permet de vaincre l'adversité ou l'Adversaire et de devenir une vraie Guerrière. Tout passe par le regard et la Parole. Trouver le mot juste qui frappe comme un coup de poing. Désarmer l'Ennemi en le clouant au pilori par le Verbe sans le lâcher des yeux. Si l'on tombe sur quelqu'un possédant un minimum d'intelligence, cela peut se passer bien. Sinon, bien sûr... il faut passer à l'étape physique. Cette éventualité ne doit jamais quitter ton esprit. Même avant l'intervention. Car, oui, tu peux tomber sur un cinglé qui n'écoute rien ni personne et se rue vers toi, tête la première, prêt à t'envoyer un coup de boule parce que tu viens d'interrompre la volée de bois vert qu'il mettait à sa femme.

A suivre...

Adriana Evangelizt

Publié dans Guerrière

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