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  • : Adriana Evangelizt Poete Rebelle Mystique Libre-Penseuse
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  • : Le Poète -le vrai- porte la croix du monde dans son coeur. Il y trempe sa plume et écrit dans son sang le malheur des hommes et leur espoir. Dénoncer, accuser, se battre pour la Liberté, tel est son destin.
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Lundi 28 mai 2007

 

 

Et je serai... Palestine

 

 

Et je serai cette terre-là
Saignée à blanc
 Gorgée du sang
 De mes enfants
Que l'on assassine...
Palestine...

   Et je serai cet enfer-là
 Créé par l'homme blanc
Colon errant
Qui détruit en tuant
L'histoire philistine...
Palestine...

  

 Et je serai ce sol trahi
Par des gens d'un autre pays
Affairistes corrompus
U S A... O N U


Et ceux qui prennent notre place
Ces mépriseurs de race
Qui te font courber l'échine...
Palestine...

Et je serai ce Peuple debout
Jamais à genoux
Ce peuple innocent
Qui verse son sang
Parce qu'un bourreau
Le génocide...

Oh Palestine...

Et je serai ce pays-là
Abandonné
Du monde entier
Aux mains d'un tyran
Massacreur d'enfants
Et violeurs de racines...
Palestine...

  Et je serai le cœur
 Brûlé de douleur

  
De tous ces êtres
Qui meurent
Pour te rendre libre
Car il te faut vivre...
Palestine...

Et enfin je serai cette terre-là
Jamais soumise
Jamais conquise
Portée à bout de bras
Par mes fils que l'on assassine...
Palestine.

Adriana Evangelizt

par Adriana Evangelizt publié dans : Mes poèmes
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Lundi 28 mai 2007

 Palistina... dédié comme vous l'aurez compris à la Palestine...   poème d'un Ami poète  Corse qui vit dans l'Île de Beauté. Ce poème a été mis en chanson... vous pourrez en écouter un extrait en cliquant ICI... vous l'entendrez en arrivant direct sur la page de Canta u Populu Corsu.

 

 

Palistina

 

 

par Francois Lanfranchi

 

 

 

 

 

 

 

Je suis le témoin
Du malheur
De l'homme qui peine
Pour juste survivre
Je suis le témoin
Mais de quelle foi ?

De l’homme qui croit
En son retour

 

 

 

Je suis le témoin 
De ces enfants
Que l’on massacre
Etrange espoir...
Je suis le témoin
De ces destins
Parmi les ruines
De Ramallah

 


Je suis le témoin
D'un fleuve ancien
Qui trace un sillon
Sans avenir
Je suis le témoin

Entre l’Etoile et le Croissant

Je brise ces liens

Pour ne pas mourir

 

 

 

 

 Je suis le témoin

De tant de mères

Entre pleurs et appels

À la vengeance

Je suis le témoin

Celui qui marche

Né à Jenine

Mais pour quoi faire ?

 

 

 

Je suis le témoin

De ces paix feintes

Qui n’écrivent

Qu’une seule voie

Je suis le témoin

D’un sang éternel

Né en cet enfer

Que l’on nomme Gaza

 

 

 

Je suis le témoin et le guerrier

Je suis effrayé, mais fier aussi

Je suis un vieil enfant déjà

De Palestine et de Liberté

 

 

 

 

 

 

 

 

 

------------

 

 

Palistina

 

 par François Lafranchi 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sò tistimoniu  
Di a disgrazia
  
L’omu chì strazia
U so campà
Sò tistimoniu
 
Ma di chì fedi ?
 
L’omu chì credi
À lu vultà
   

 

Sò tistimoniu 
D’issi ziteddi
À issi maceddi

Stranu spirà 

Sò tistimoniu

D’issi distini

Trà li ruini 

Di Ramallà

 

 


Sò tistimoniu

Ch’un fiumu anticu 

Scrivi in lu vicu 

D’ùn duvintà 

Sò tistimoniu   

Trà stedda è luna

Scioddu a funa 

Par ùn cripà 

 

 

 

 Sò tistimoniu 

Di quantu mammi 

Trà pienti è chjami

À vindicà 

Sò tistimoniu

È chì camina

Natu in Gennina 

Ma par chì fà ?

 

 

 

 Sò tistimoniu

Di  paci finta

Par fà l’avvinta

D’un solu andà

Sò tistimoniu

Di  sangu eternu

Natu in st’infernu

Dittu Gazà

 

 

 

 

 Sò tistimoniu eppo’ guerrieru

Sò impauritu è ancu fieru

Sò un ziteddu vechju dighjà

Di Palistina di libartà

 

 

 

par Adriana Evangelizt publié dans : Poesie Corse
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Vendredi 18 mai 2007

 

 

 

Les dernières larmes de Romy Schneider


Posté par Adriana  Evangelizt

 

par Adriana Evangelizt publié dans : Mes Films et acteurs préférés
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Jeudi 3 mai 2007

 

 

La liste

Tableau de James Warhola

 

Une photo déchirée

Puis... recollée

Un peu de toi

Un peu de moi

Un peu de nous...

Quelques cheveux blancs

Une pendule figée

Le temps suspendu

Des saisons en enfer

Des coups de blues

Remords regrets

Et le spleen

Ruisselant sur mes joues...

 

Une chemise de toi oubliée

Sur ma taie d'oreiller

Ton parfum disparu

Comme un linceul sur mes nuits

Beaucoup de questions

Beaucoup de doutes

Une  mémoire fidèle

Où danse ta silhouette

Un cœur aussi mort

Que mon corps

Et tous ces je t'aime perdus

Que tu n'entends plus...

 

Une lettre ébauchée

Des pardons tus

Ton souvenir indélébile

Une attente infinie

Un désert de solitude

L'horizon noir

Et puis ton visage

Immuable

Sous mes paupières

Toi... tu n'as pas pris une ride

Le temps ne t'a rien volé

Tu es resté le même

Comme sur la photo déchirée

Puis... recollée.

 

Adriana Evangelizt

 

par Adriana Evangelizt publié dans : Mes poèmes
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Jeudi 3 mai 2007

 

En t'attendant...

Tableau de Ciruelo Cabral

 

J'ai brisé

Des millions de rêves

Pris des bateaux

Pour nulle part

Rempli

Des wagons de cafard

En t'attendant...

 

Les bras ballants

Sur une grève

Assassinant

Tous mes départs

Les valises

Déchirées d'aurevoirs

En t'attendant...

 

J'ai pleuré

A n'avoir plus d'yeux

Prié

A ne plus croire en Dieu

Hurlé

A crucifier ma voix

En t'attendant...

 

Et de blasphèmes

En anathèmes

De mots trahis

En pleurs mentis

Mon cœur

N'a jamais dit Je T'Aime

En t'attendant...

 

Adriana Evangelizt

 

 

par Adriana Evangelizt publié dans : Mes poèmes
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Jeudi 3 mai 2007

 

 

 

Dégringolade

 

Les autres te diront

Que je ris

Que je chante

Mais c'est faux

Je fais semblant de tout...

 

Je traîne mon chagrin

Sur des rives tourmentées

Où ruisselle ton nom

Et même sous mes yeux

Ton regard

Vient chanter à mort

Mes horizons...

 

Je m'étourdis de bruit

De fureur

De lumière

Papillon malheureux

Cherchant à se détruire

Dans des alcools violents

Lorsque tintent les verres

Des menteurs de misère

Des fraudeurs adultères

Qui n'ont pas ton visage

Planant dans ma mémoire...

 

Et à force d'artifice

Pour t'oublier Amour

Je dégringole

Je m'immole

Je m'offre en sacrifice

Pour mourir lentement

Certaine

De trouver dans la mort

Cette paix

Envolée avec toi...

 

Les autres te diront

Que je ris

Que je chante

Mais c'est faux

Je fais semblant de tout...

 

Adriana Evangelizt

 

 

par Adriana Evangelizt publié dans : Mes poèmes
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Jeudi 3 mai 2007

 

Avec le temps...

 

Avec le temps

Tout s'use

Tout se fausse

Tout s'efface...

La vérité du cœur

L'incroyable beauté

Du corps et de la face

La jeunesse fragile

Et les rires moqueurs...
 

C'est comme toi

C'est comme moi

C'est comme nous

Et comme tous ceux-là

Qui n'en finissent pas

De prendre sans donner

Aux hommes à genoux

Aux femmes abandonnées...


Avec le temps tout part

Tout s'effrite

Tout se casse

Les premiers mots d'amour

Les serments

Les promesses

Les illusions se perdent

Les chimères s'entassent

Sur l'autel de la vie

Qui nous saigne ses messes...


C'est comme toi

C'est comme moi

C'est comme nous

Qui nous sommes perdus

Dans trop de faux-semblants

Dont petit à petit

Je noue et je dénoue

La chaîne de nos vies

Aux lendemains tremblants.

 

Adriana Evangelizt

 

par Adriana Evangelizt publié dans : Mes poèmes
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Jeudi 3 mai 2007

 

 

 

Assumer sa différence

Je dédie ce texte à Joël qui m'a laissé un commentaire ici

 

Je sais très bien que les Noirs et les Arabes sont les premières victimes du racisme dans notre monde occidental et en  France en particulier. Il n'y a qu'à voir le nombre de Noirs et d'Arabes travaillant en tant que présentateurs de télé pour voir déjà combien notre société est égalitaire. Ou à qui appartiennent les grands médias. Je comprends parfaitement la douleur que l'on ressent lorsque lon est ostracisé, moqué, raillé parce que l'on est différent des autres de par l'apparence. C'est quelque chose que j'ai connu lorsque j'étais enfant. Et les enfants sont très cruels entre eux souvent parce qu'ils écoutent ce que disent leurs parents. Les enfants ne sont que le reflet de leurs géniteurs. Rares sont ceux qui s'en démarquent dans l'enfance. 

Ainsi comme mon père était espagnol, on me surnommait "l'espadrille" et comme j'étais mal habillée, on me traitait de "bohémienne". Cela a commencé très tôt. En ce temps-là, dans ma famille, c'était la vraie misère. On n'avait pas comme Sarkozy -qui s'en plaint- du soumon fumé sous cellophane mais du pain trempé dans un bol de café au lait. Une immonde purée qu'il m'était impossible d'avaler comme je l'ai déjà expliqué ICI. Et côté vestimentaire, ce n'était pas du luxe non plus, il faut le dire. Des jupes ou robes affreuses, des souliers éculés, les cheveux en bataille, bref, et question propreté, ça laissait aussi à désirer. Ma mère n'était pas une femme d'intérieur mais elle n'était pas faite non plus pour être mère. A tel point que j'avais honte d'aller à l'école. Oui, honte. Avec ma soeur, nous étions tellement mal habillées que tout le monde se moquait de nous.

A l'âge de 7ans, j'ai commencé à prendre du poil de la bête et à m'allier avec tous les autres "ostracisés", tous les "misérables" aussi mal habillés que moi ainsi que mes potes les gitans. Puisqu'on me traitait de bohémienne, après tout, autant l'être jusqu'au bout.  Et bien évidemment, il ne se passait pas une récréation sans que l'on en découse avec les moqueurs. La bande choc contre la bande chic. Il se trouve que la bande chic, à part ramener sa fraise, ne savait pas vraiment se battre et qu'à la fin du pugilat, ils étaient aussi loqueteux que nous. Je souris en écrivant cela mais c'est la vérité. Et bien évidemment, la première chose que faisaient ces tristes sires c'est d'aller "rapporter" à la maîtresse du cours moyen 1ère année qui était aussi la directrice d'école. Ils ne disaient pas, bien sûr, la vérité. Ils ne disaient pas que l'on s'était rebiffé parce qu'ils nous avaient insulté. Non. Ils racontaient les choses à leur manière et comme j'étais la seule fille de la bande, c'est sur bibi que retombait automatiquement les accusations. Et les punitions. Ils arrivaient en pleurant à la maîtresse "C''est elle." J'avais beau essayer de me défendre, cette chère institutrice se ruait vers moi, me tirait les oreilles à m'en tirer des larmes et cela se finissait inexorablement par une paire de claques devant tout le monde. Les fils et filles de famille, les "bien habillés" avaient sa préférence. Je ne me souviens plus du nom de la "mégère" mais néanmoins, une anecdote avec elle a renversé la donne si je puis dire.

Madame avait les ongles très longs. A tel point qu'un matin ma mère s'aperçoit que j'avais une blessure sur le lobe de l'oreille droite. Elle me demande "Qu'est-ce que c'est que ça ?" Je lui réponds bien évidemment que la  maîtresse me tire les oreilles tous les jours et que cela provient sûrement de là. Ce qui était très curieux avec ma mère c'est qu'elle seule possédait le privilège de me frapper. Elle ne supportait pas que les autres le fassent. Là voilà donc m'accompagnant à l'école. A pied. Il y avait trois km. Plus on avançait sur le chemin et plus elle se montait contre la directrice et plus moi, je m'écrasais redoutant le pire. Je me souviens toujours de notre entrée fracassante dans la salle de classe car on était en retard de surcroit. Elle a ouvert la porte d'un coup sec, surprenant tout le monde puis s'est avancée vers la directrice qui était debout devant son bureau. Et là, l'abattage a commencé. Elle lui a montré mon oreille, lui a pris la main pour bien mettre en exergue ses ongles, l'a menacée de lui casser la gueule, de porter plainte, de la faire passer en conseil. J'en passe et des meilleures.  L'autre n'a pas pu en placer une. Mais la voix de stantor de ma mère emplissait toute la salle de classe à tel point que d'autres instituteurs alertés par le bruit sont venus voir ce qu'il se passait. Puis après avoir vidé son sac, ma mère est partie. Inutile de vous préciser la gueule que faisait madame la directrice. D'autant que j'étais au premier rang. Je me suis retournée à un moment donné pour voir mes copains qui eux étaient au fond. Ils étaient pliés de rire. Ceci n'a pas échappé, bien sûr, au cerbère qui a décidé de me coller pour la récréation avec trois autres. "Tu n'iras pas en récréation. Tu es punie !"

Cause toujours tu m'intéresses. La récréation arrive, tout le monde se lève et sort, sauf les trois condamnés. Je me lève et je suis la foule. En pensant qu'elle m'avait puni sur un moment de colère. Vous allez rire. Je joue un peu puis je vois que la fenêtre de la classe était ouverte. Je viens carrément m'y jucher en me hissant sur le rebord du mur. Je regarde les trois condamnés en train d'écrire sous la dictée du cerbère. Qui m'aperçoit. "Qu'est-ce que tu fais là toi ? Je t'avais dit de rester ici." Elle se rue vers moi, me balance une tarte avec tellement de force que le mur m'en donne une autre. Puis elle hurle "Tu rentres de suite !". J'obtempère en me tenant le front et je sens comme une boule qui grossit à vue d'oeil. C'est vous dire qu'elle n'y était pas allée de main morte. Et bien évidemment lorsque je franchis la porte, elle aperçoit la bosse qui est en train de virer au bleu. Là, il fallait la voir. "Oh mon dieu." Et oui, mon dieu... avec les menaces de ma mère dans la matinée, il est clair et net qu'elle était mal barrée. "Viens là, je vais te soigner." Elle me fait asseoir sur sa chaise, me demande de tenir une pièce sur le front, part chercher des glaçons, revient. Mais la bosse était toujours là. Puis elle commence à me donner des bonbons en me disant "Ne le répète pas à ta mère." Je lui dit "Vous avez un miroir" Elle attrape son poudrier, je regarde mon front et aperçois une bosse égale à une grosse pièce de 2 centimes de l'époque et toute bleue. "Je te promets que tu ne seras plus punie... continue-t-elle. Je te donnerai des bonbons tous les jours, je sais bien que tu ne dois pas en manger souvent." Vous ne pouvez pas savoir tout ce qui se passe dans une petite tête... d'autant que si ma mère voyait la bosse, bien évidemment elle me demanderait des explications et  ça se finirait automatiquement par une raclée. Souvenons nous de l'anecdote du poignet foulé.  Mentir pour se sauver. Je lui ai rendu son poudrier. Je voyais bien qu'elle était mal à l'aise. "Des bonbons tous les jours ?" lui ai-je demandé en passant mon doigt sur la bosse. Elle était agenouillée devant moi. Elle m'a prise par les épaules. "Ce serait très grave pour moi si tu lui dis la vérité." Déjà, la récréation se terminait, les élèves entraient dans la classe. En retournant m'asseoir, je réfléchissais au mensonge qu'il allait me falloir inventer pour couvrir ma maîtresse et ne pas prendre de coups.

Et bien sûr, la suite de l'histoire n'est pas très glorieuse pour ce qui est du mensonge. Avant de quitter la classe à la fin des cours, la directrice m'a encore pris en apparté, la bosse était presque noire. Elle a placé quelques mèches de cheveux dessus pour essayer de la dissimuler. Lorsque je suis arrivée à la maison, ma mère n'était pas là. J'ai vu cela comme une bénédiction. Ma sœur a commencé à chahuter avec moi, je me suis mise à la poursuivre dans la maison... il y avait une grosse cheminée à l'ancienne dans la salle à manger. En prenant un virage trop court, j'ai fait semblant de me cogner la tête contre elle, et je suis tombée en criant "Aïe... aïe... aïe..." et en me tenant le front. A cette époque, il y avait une vieille mamie chez nous. Alertée par les cris, elle est accourue. Et j'y allais de plus belle toujours à terre... "aïe... aïe... aïe..." elle a retiré ma main et lorsqu'elle a vu la bosse... "Oh mon dieu..." Et moi, pleurnicharde... "C'est sa faute... elle arrête pas de m'embêter... et voilà je me suis cognée..." Je tiens à vous rassurer de suite, ma sœur était la chouchou de la mamie et de ma mère. Je savais très bien qu'elle ne risquait absolument rien. Et de fait lorsque ma mère est arrivée, l'histoire est passée comme une lettre à la poste.

Le lendemain matin... lorsque j'ai ouvert la porte tout doucement, la première chose que j'ai vu, c'est la tête de la maîtresse. Elle devait se demander si j'étais seule ou "accompagnée".  Elle s'est levée d'un bond. Est venue vers moi, m'a entraîné dans le couloir pour que personne n'entende. "Alors ?" m'a-t-elle demandé. "Je ne lui ai pas dit que c'était vous." "C'est vrai ?" J'ai acquiescé avec la tête. Alors elle m'a serré fort contre elle en répétant "Merci. Merci. Tu te conduis comme une grande. " Et lorsque nous sommes rerentrées dans la classe, elle me tenait par la main.

Entre elle et moi, désormais, il y avait un secret et un pacte. Mais mieux, une sorte de complicité s'était installée. Quelques jours plus tard, elle nous explique que pour les fêtes de fin d'année, elle a décidé de monter une pièce de théâtre. Elle demande "Y a-t-il des volontaires ?" Quelques doigts se lèvent. Pas le mien. Elle s'avance vers moi et dit : "Tu n'aimeras pas faire du théâtre ?" Je lui réponds que non. "Pourquoi ?" demande-t-elle. "Parce que je crois que je serai mauvaise comédienne." Alors elle s'est penchée vers moi, a planté ses yeux dans les miens en souriant... "Toi mauvaise comédienne ? Allons-donc... je t'inscris d'office."

Parallèlement, avec la bande chic, les choses avaient aussi évolué. A force de voler dans les plumes de ceux qui me traitaient "d'espadrille" ou de "bohémienne", ils en étaient arrivés d'abord à me craindre puis à me respecter. Du haut de mes sept ans, mal fagotée, d'une maigreur extrême, j'avais choisi de me battre plutôt que d'être victime de la méchanceté gratuite des enfants de mon âge. Et comme j'ai vu que c'était payant, j'ai continué dans cette voie par la suite. Y compris avec ma mère qui exécrait toutes les races à part la sienne. Si les parents ne nous inculquaient pas le racisme dès le plus jeune âge, s'ils ne cultivaient pas l'art morbide de la différence, il est clair et net que personne ne regarderait personne avec un œil suspicieux. Nous vivons dans un monde d'intolérance et de méchanceté qui me révulse. Le racisme n'existe pas que par rapport à la couleur de la peau, il existe dans le regard des gens parce qu'une femme est "forte", parce qu'un homme est efféminé, parce qu'un tel est mal habillé, parce qu'un autre a choisi d'être excentrique et la liste est loin d'être exhaustive.

Ainsi je me souviens que dans le village où je vivais après le divorce de mes parents, on m'avait interdit de parler à une jeune fille parce qu'elle était fille-mère. La belle affaire ! Vous vous doutez bien que j'ai sagement obéi et que je n'ai jamais parlé à Dolores. Sourire. Plus tard, elle est devenue ma meilleure amie.

Assumer sa différence et même la revendiquer par rapport aux pauvres moutons qui broutent dans le pré cruel de la méchanceté ou de l'indifférence, voilà l'attitude des Rebelles. Et tous ceux qui ne pratiquent pas le "Aime ton prochain comme toi-même"... ne sont pas nos amis.

A bientôt...

Adriana Evangelizt

 

par Adriana Evangelizt publié dans : Enfance du poète
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